Un petit jeu sans conséquences 1

Introduction
Où Stéphane se présente, présente sa femme Céline, son boulot et ses collègues.

Je savais bien que ce genre de journée avait tout pour me déplaire? mais je n’imaginais toutefois pas que les choses pourraient tourner ainsi.
A bien y réfléchir, tout avait commencé à se compliquer depuis longtemps, depuis que mon boulot a changé… ou peut-être avant encore.

Mais commençons par le commencement.
Je m’appelle Stéphane, 37 ans au moment où cette histoire commence, marié depuis une petite dizaine d’année à une adorable Céline, de cinq ans ma cadette ; j’étais cadre dit « intermédiaire » dans une grosse société en banlieue parisienne. J’avais toujours bien mené ma barque dans cette société où, après 12 ans de bons et loyaux services, je faisais presque partie des meubles.
Je n’y ai jamais été considéré comme spécialement brillant mais, plutôt coopératif et disponible, ma progression avait été à peu près régulière et incontestée.
Mes relations professionnelles étaient longtemps restées anecdotiques et vaguement débonnaires, jusqu’à ce que le patron historique ? que je connaissais personnellement ? se décida à passer la main. A cette occasion, l’essentiel des participations est passé sous contrôle nord-américain et, contexte international aidant, c’est toute la ligne de management (comme on dit) qui a été renouvelée? et plus généralement l’ensemble des méthodes et habitudes s’en sont trouvées bouleversées.
Non pas que je sois spécialement rétif au changement mais il fallait bien reconnaître que la « société de papa » que j’avais connu, et appris à aimer, avait trop brutalement disparu.
Du jour au lendemain, ou quasiment, mon ancien chef a été mis en préretraite, l’essentiel de son action remise en cause et, surtout, il me fallait repartir de zéro après des années de construction patiente d’une relation de confiance.
Les premiers mois ont été vraiment très difficiles pour moi. Mon chef direct était un certain Luca, un type plus jeune que moi, rempli d’assurance (de mon point de vue : beaucoup de présomption !) et de bagout, et dévoré par l’ambition. L’honnêteté m’oblige aujourd’hui à reconnaître qu’il était sans doute compétent pour ce travail mais je ne pouvais pas supporter l’idée qu’un type venu de nulle part, sorti des valises d’un patron anonyme, puisse venir me donner des ordres.
Au fond, je n’ai jamais aimé ce type, aussi et surtout parce qu’il avait une belle gueule et en usait effrontément. Ses manières, son calme, son sourire, son aisance, tout en lui m’agaçait. Peut-être l’a-t-il senti. En tous cas, je crois pouvoir dire que nous avons dès le départ eu des rapports difficiles.
Ils ne se sont d’ailleurs pas améliorés lorsqu’il s’est agi de rentrer dans le vif du sujet. Rapidement, Luca a voulu imprimer sa marque sur le fonctionnement de la division, et cela nous imposait une sérieuse remise en cause, à mes collègues et moi-même.
Comme je l’évoquais tout à l’heure, je n’avais pas ressenti le besoin de nouer des relations particulièrement fortes avec mes collègues de travail. De par mes fonctions successives, je connaissais un peu mieux Eric L. et Philippe R., qui étaient venus manger une ou deux fois à la maison, mais il serait très exagéré de les considérer comme des amis. Tous les autres étaient pour moi des « relations de travail », d’autant plus que les récents bouleversements avaient contribué à une grande vague de départs. De la « vieille garde » nous n’étions plus que quatre ou cinq, dont Eric et Philippe, et un gars assez désagréable prénommé Frank, dont j’aurai l’occasion de reparler par la suite.
Lorsque Luca a cherché à mettre en place ses méthodes, il a assez vite pu s’appuyer sur Eric et Frank, qui étaient apparemment plus réceptifs que moi à ces nouveaux usages. Je pense que c’est à ce moment-là que j’ai, professionnellement, « manqué le train ».
En huit mois de ce traitement, le boulot qui m’avait jusqu’ici passionné s’était presque transformé en calvaire. Je rentrais plus tard qu’avant, mais beaucoup plus morose aussi et, à la longue, cela finissait par peser sur notre couple.
Mais je réalise que je ne vous ai pas encore parlé de mon épouse !
Céline est un joli petit bout de femme, brune aux yeux verts. Physiquement ce n’est pas une « bombe » mais elle a toutefois su conserver « ce qu’il faut, là où il faut », de belles fesses bien rebondies, un adorable petit ventre, de beaux seins fermes et pleins, une bouche coquine et un joli nez mutin.
Même si elle sait être pétillante avec ses amis proches, c’est plutôt une fille discrète et effacée, que j’ai toujours connue « en retrait ». Préférant le plus souvent garder ses lunettes plutôt que des lentilles, elle avait tout l’air de la petite femme bien sage et, la connaissant dans l’intimité, c’est ce qu’elle était ? du moins le croyais-je.
Nous avons eu deux beaux enfants, Rachel et Thomas, qui ne nous ont jamais posé de problèmes.
Céline s’était arrêtée de travailler pendant plus d’un an pour mieux s’en occuper, mais avait quand même été ravie de reprendre par la suite son boulot d’expert-comptable où son calme et sa rigueur faisaient merveille. Contrairement au mien, son poste était sans trop de surprises et lui apportait tout ce qu’elle attendait en termes de gratification professionnelle et sociale, tout en préservant une belle qualité de vie. En fait, elle ne m’a jamais parlé de son travail comme un souci, ce qui était assez rassurant au fond.
Céline s’est montrée très prévenante lorsque le vent a commencé à souffler dans le mauvais sens pour moi. Je lui parlais, bien plus qu’avant, de ce qui m’était arrivé dans la journée et, malheureusement, ce n’était pas très réjouissant. Elle m’a beaucoup soutenu dans cette période.
C’est pourquoi elle avait semblé particulièrement soulagée lorsque je lui ai parlé de cette « journée de détente » organisée par Luca dans sa villa. C’était une manière « informelle et conviviale » de faire connaissance dans un autre cadre que celui du boulot ? le concept aujourd’hui assez répandu de team-building. Etaient conviés tous mes collègues cadres et leurs conjointes, avec au programme : pétanque, buffet, jeux de cartes, etc, dès le samedi après-midi et jusque tard dans la nuit.
Je redoutais particulièrement ce genre de fête, appréhendant par avance de me retrouver à échanger des banalités avec des gens que j’avais déjà du mal à fréquenter en semaine. Céline, elle, trouvait l’idée excellente et a fini par me convaincre que je ne perdrais pas grand chose à participer à cette manifestation.

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Chapitre Premier
Où la journée commence mieux que prévu, et où l’agacement peut conduire à des déclarations fâcheuses.

Le jour venu, mes appréhensions avaient repris le dessus. Heureusement, Céline était ravie de cette occasion que nous avions de sortir « en couple » (nous avions pour l’occasion laissé les enfants chez mes beaux-parents) et sa bonne humeur a pu me dérider en cours de route.
La villa de Luca était dans la région de Tours, dans un coin de campagne très tranquille. J’avais tellement rechigné au moment du départ que nous fûmes parmi les derniers à arriver. La journée était superbe et nous sommes parvenus sans encombre jusqu’au point de stationnement indiqué, sous un clair et beau soleil de printemps.
Dès que nous avons franchi le portail, Céline fut frappée par le jardin, magnifiquement entretenu il est vrai. Nous vivions depuis plus de dix ans dans un petit pavillon dans l’Essonne, et le petit carré de pelouse devant la maison mitoyenne ne ravissait pas mon épouse, je le savais. La différence, en l’occurrence, était flagrante.
De mon côté, je ne me suis guère attardé sur le jardin ; je commençais déjà à évaluer le niveau d’ennui dans lequel la journée allait me plonger. Comme je l’appréhendais, peu de mes collègues étaient venus accompagnés. Je savais Eric divorcé, et Patrick célibataire de toujours. Frank semblait être venu seul également. En tout et pour tout, pour mes seize collègues, il n’y avait que cinq femmes. La discussion risquait fort de tourner autour des sujets sans cesse rebattus pendant la semaine.
Alors que nous nous dirigions vers les tables de jardin dressées pour l’occasion, la silhouette sportive de Luca jaillit de derrière un parasol et s’avança souplement dans notre direction. Il était comme métamorphosé : je le croisais tous les jours en costume-cravate, apprêté comme un milord, et il nous apparaissait aujourd’hui, dans un tout autre contexte, en petit polo et pantalon de toile, la coiffure un peu plus relâchée qu’à l’habitude. Il arborait son sourire le plus enjôleur, s’écriant : « Stéphane ! enfin ». Il s’arrêta et me serra vigoureusement la main, me regardant avec un sourire infiniment paisible, comme s’il paraissait sincèrement content de me voir. Puis il tourna la tête vers Céline et, sans rien changer de son attitude, lui tendit tranquillement la main en lui disant : « Mme G? Bienvenue ! ». Un peu décontenancé par cette entrée en matière inattendue, je sus malgré tout faire les présentations :
– Céline? euh? voilà, je te présente Luca, mon chef? Luca : Céline.
– Voyons, Stéphane, s’il te plaît, oublions pour aujourd’hui qui est le chef de qui. Luca, donc, Madame, je suis vraiment ravi de faire votre connaissance.
– Moi aussi… Stéphane m’a beaucoup parlé de vous.
– Ah ! (il eût l’air gêné) j’imagine qu’il n’a pas dû vous faire que des louanges ! Mais nous sommes ici pour apprendre à mieux nous connaître. Je suis vraiment content que tu aies pu venir, Stéphane. Venez donc prendre quelque chose.

Alors qu’il tournait les talons, Céline me jetait un regard empli de malice ; elle me faisait comprendre que j’avais vraiment tout à gagner de cette journée et, ma foi, je reconnaissais que cet accueil était d’excellent augure.
Nous nous sommes rapidement mêlés à la foule des convives. L’ambiance s’est vite détendue et je commençais à percevoir les possibilités offertes par une telle rencontre. Je regardais à présent mes collègues d’un autre oeil et étais surpris de découvrir, derrière les plates considérations auxquelles nous étions confrontés chaque jour, des hommes aussi « intéressants et banals » que moi. Même Luca me devenait sympathique, il se fondait naturellement dans le décor, sans chercher à parader et tout le monde semblait avoir oublié qu’il était notre chef ? et, par ailleurs, l’hôte de ces lieux. Dans ce foisonnement de découvertes, j’étais également étonné de constater que ce diable de Luca était célibataire. Au cours de la rapide visite à l’intérieur de sa villa, je ne trouvais aucun signe de présence féminine et, chose peut-être plus étonnante à mes yeux, aucun signe de la virilité exubérante et tapageuse à laquelle je m’attendais de la part du flamboyant hidalgo que je haïssais au bureau. Alors que j’imaginais une exposition prétentieuse de toiles contemporaines, de mobilier art-déco et une penderie pleine de costumes Hugo Boss soigneusement repassés, Luca nous avait plutôt montré des pièces fonctionnelles, bien rangées, correctement meublées mais sans effet particulier ; la buanderie était, comme chez nous, encombrée d’une imposante corbeille à linge. Tout dans cette maison respirait la simplicité, à l’exact opposé du personnage que j’avais imaginé jusqu’ici.
Je me surpris plusieurs fois en ce début d’après-midi à regarder Luca en me demandant si je ne m’étais pas fourvoyé depuis son arrivée, et si les bouleversements de la société n’avaient pas faussé mon appréciation des choses.
Vers 15h30, Luca proposa l’organisation d’un tournoi de pétanque. Nous étions tout juste vingt-quatre, ce qui permettait de mettre en place huit « triplettes ».

Ces équipes étaient tirées au hasard intégral, et je me retrouvais à faire équipe avec Frank et Luca, Céline étant associée à Eric et Philippe. Originaires du centre de la France tous les deux, ni Céline ni moi n’étions des habitués du jeu provençal. Mais l’objectif n’était pas la performance !
Le jardin était assez grand pour que les quatre matches puissent avoir lieu simultanément, mais également suffisamment petit pour que les parties se télescopent parfois. Au bout de vingt minutes, la chaleur et les pastis aidant, l’ambiance était à la franche rigolade. Céline s’amusait visiblement beaucoup, et semblait par ailleurs très en verve.
Alors que je la regardais, Frank vint me voir et commença à discuter :
– Elle a l’air très sympa, ta femme. Tu as de la chance !
– Oui, oui… (je répondais évasivement, plus concentré sur ma femme que sur mon coéquipier)
– C’est pas facile de tomber sur la bonne…
– Hmm… tu n’es pas marié, toi ?
– Bah, si… enfin, je l’étais, disons.

A la fin des matchs de poule, tout le monde se regroupa sous les parasols pour prendre une nouvelle collation. Eric et Philippe vinrent vers moi avec des drôles de tête.
– Stéphane, ta femme est incroyable !
– Ah, tiens ? Répondis-je.
– C’est une vraie pro de la pétanque ! Répliqua Philippe en souriant. Et puis, elle est vachement sympa.
– J’aurais aimé que ma femme soit comme elle… ajouta Eric, l’air songeur.

Piqué au vif par cette remarque, je ne pus m’empêcher de poursuivre :
– Qu’est-ce-que tu veux dire par là ?
– Ben, tu sais, j’ai divorcé… mon ex-femme était un vrai dragon, hyper jalouse… et en société c’était pas trop la joie…
– Ouais… les femmes, c’est souvent ça…

Cette remarque de Philippe, éternel vieux garçon, était un peu surréaliste. Je pris l’air faussement embarrassé pour répondre :
– Oh, vous savez… Céline n’est pas toujours aussi détendue ! Vous êtes tous les deux divorcés ?
– Eric oui, moi non. Je n’ai jamais pu rester longtemps avec une nana.
– Ça a quelques avantages, non ? répliquai-je sur un ton innocent.

Eric sembla surpris et interrompit :
– Par exemple ?
– Bah, je sais pas… vous faites ce que vous voulez quand vous voulez… vous n’avez pas de comptes à rendre…

Le sourire de Philippe était un peu forcé :
– Oui, de ce point de vue-là, c’est sûr… on est tranquilles !
– Faut pas trop fantasmer non plus… objecta Eric. Je ne parle que pour moi, hein, mais être célibataire ça veut aussi dire que la plupart des soirs on bouffe tout seul, on se couche tout seul…
– Ouais. Des fois, on aimerait bien avoir une petite femme… une petite vie bien peinard… bon, je ne dis pas forcément comme vous deux, hein, mais bon…

J’aurais reçu une gifle que je n’aurais pas réagi plus vivement :
– Qu’est-ce que tu veux dire ?
– Ah bah… rien… vous êtes chouettes… un peu trop peut-être… enfin, je veux dire…
– Je crois que ce que Philippe veut dire c’est que vous faites presque « couple modèle », petite femme gentille, deux enfants, pavillon de banlieue, Renault Mégane? moi, perso, j’ai déjà donné dans cette image d’Epinal et je crois qu’au fond ça me gonflait un peu.

Philippe ne savait plus comment réparer sa maladresse, et Eric n’avait pas arrangé les choses. Il persista pourtant :
– Ouais, le train-train pépère, ça peut aussi fatiguer… Bon, je dis ça mais je connais mal, aussi…

En vingt secondes, la discussion avait pris un tour un peu désagréable. J’avais l’impression qu’ils me prenaient pour un vrai beauf ! Mon ton a dû s’en ressentir :
– Vous savez, il faut se méfier de l’image que donnent les gens. Le pavillon, les enfants, tout ça… et puis, Céline et moi on ne mange pas nos biscottes au lit tous les matins comme dans la pub ! C’est pas forcément le pied… On est assez loin du couple modèle… surtout en ce moment.

Ces derniers mots m’avaient un peu échappé. Je pensais surtout aux semaines difficiles qui venaient de s’écouler pour moi, qui nous avaient empêché de nous retrouver vraiment avec Céline. Mais Eric ne le comprit pas :
– Y’a un souci ? On ne dirait pas, à voir ta femme !
– Bah, non… enfin… je crois que Céline est contente de voir du monde… c’est pas trop son style, normalement…

Cela faisait longtemps que nous étions à part, absorbés par cette « passionnante » discussion. Luca et Frank vinrent s’enquérir de ma disponibilité : nous étions « qualifiés » pour les demi-finales, face à l’équipe de Céline justement ! Luca m’apostropha, avec son immense sourire habituel :
– Hé, Stéphane, tu pactises avec l’ennemi ? Attention à toi… Remarque, je me méfierais plus de ta femme, en l’occurrence… Elle doit avoir des moyens de te déconcentrer…

Philippe aurait pu saisir cette distraction pour changer de discussion mais non, il insista :
– Et vous, qu’en pensez-vous ? Vous aimeriez être à la place de Stéphane, avec votre petite femme et une petite vie tranquille, plutôt que célibataires ?
– Ha ! ça dépend pour quoi ! Le problème des couples, c’est la routine qui s’installe… bon, Céline et Stéphane, ce n’est pas pareil : ils sont sur des rails, ça se voit.

Venant de Frank, ce genre de remarque n’aurait pas dû m’étonner. En l’occurrence, elle m’a presque fait sortir de mes gonds :
– Mais, qu’est-ce que vous croyez ? On a nos problèmes, comme tout le monde. Etre en couple c’est pas forcément la solution miracle ! Vous n’avez pas l’air si malheureux, vous tous !
– Stéphane a raison, répondit calmement Luca. Moi, je ne me plains pas, en effet. J’ai toujours fui la vie de couple, ça ne me convenait pas trop, j’avais l’impression d’étouffer? Je me sens bien dans ma vie actuelle, je suis libre? je n’ai peut-être pas rencontré la bonne compagne?
– Moi, enchérit Eric, je ne sais pas où est la limite entre « se sentir bien avec quelqu’un » et s’enkyster dans un truc trop carré, trop propre et trop net.
– Sûr, c’est pas facile, sourit Frank. Pour certains, le choix est clair?

Le naturel était revenu au galop : je ne pouvais pas encaisser ce type ! Sans bien comprendre le fond de sa dernière remarque, je m’emportai :
– Arrêtez un peu avec ça ! Vous nous prenez pour des beaufs ou quoi ? Notre couple n’est pas un couple parfait, loin de là, d’ailleurs’

En fait, je ne savais plus trop dire? mais j’avais produit mon petit effet semble-t-il. Eric relança :
– D’ailleurs ?

Tous me regardaient avec insistance? je m’empourprais’
– On est en instance de divorce, Céline et moi…

Je ne sais pas bien d’où ça m’est sorti, mais c’est sorti comme ça. Je n’en pouvais plus de ces allusions et, pour le coup, ça a produit son effet. Aucun de mes quatre collègues n’a su quoi dire pendant de longues secondes. C’est finalement Eric qui a rompu le silence gêné qui s’était établi :
– Steph, mon vieux… je suis désolé… on a été super lourd… je savais pas…
– Oui, bon… écoutez, c’est pas si grave… la vie continue quand même, on n’est pas en mauvais termes non plus, on est venus tous les deux… n’en faites pas un plat, faites comme si j’avais rien dit.
– Ce qui est sûr, c’est que la discussion a intérêt à s’en tenir là. Excuse-nous Stéphane, c’est sans doute un peu pénible, on ne va pas insister, ce serait nul. En tous cas, vous jouez bien le jeu tous les deux. Euh? on retourne à la pétanque ?

Luca semblait clairement gêné. D’une tape sur l’épaule, je tentai de le rassurer sur la suite de « sa » journée.

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Chapitre Second
Où Céline goûte mal l’emportement de son mari, où la nouvelle a fait le tour… et les choses se dégradent

La partie opposait donc Céline, Eric et Philippe d’un côté et Frank, Luca et moi de l’autre. Tous les garçons étaient très embarrassés de ce qu’ils avaient « appris » et ne se comportaient plus de manière très naturelle avec Céline, qui finit par s’en rendre compte. A la fin de la première manche, elle me prit à part :
– Dis-moi, chéri, il y a eu un problème ?
– Euh… et bien… en quelque sorte, oui…
– Vous vous êtes engueulés avec Luca ? ou un autre ?
– Mon, pas vraiment… en fait, pas du tout… mais on a eu une discussion un peu nulle… et je me suis emporté…
– C’est-à-dire ?
– Ben, on parlait de vie de couple… je me suis pris deux-trois allusions, j’ai eu l’impression qu’ils nous prenaient pour des beaufs…
– Et ?

Céline semblait sincèrement inquiète ; elle devait redouter que j’aie insulté l’un de mes collègues. Je ne pouvais pas être évasif?
– Ça m’a échappé, je ne sais pas te dire pourquoi… j’ai dit qu’on allait divorcer.
– QUOI ?

Son visage s’était décomposé d’un seul coup, et je le comprenais fort bien.
– Ecoute, Céline… c’est une connerie… ça rime à rien, je sais… mais c’est pas très grave non plus… c’est pas des amis… je dirai dans quelques jours qu’on s’est remis ensemble…
– Je ne… c’est une blague, n’est-ce pas ?
– Non… je suis désolé… c’est une phrase en l’air… ils me faisaient chier à nous prendre pour des santons… je m’excuse…
– Mais… mais… c’est trop facile ! C’est n’importe quoi ! Qu’est-ce qu’ils doivent penser, en ce moment ?
– Ben, justement, ils sont super gênés, du coup. Il faudrait donner le change pour la journée… après, j’arrangerai les choses…

Céline semblait complètement choquée, comme ces gens que l’on voit parfois après un accident de voiture, le regard perdu. Elle me regardait avec une totale incrédulité, tout en donnant l’impression de réfléchir à ce qu’elle allait devoir ? ou pouvoir ? faire de ce qu’elle venait d’apprendre. Je tentai de la prendre dans mes bras, mais elle se dégagea brutalement et me répondit sèchement :
– D’accord, on va faire comme si. Mais je te le ferai payer !

Notre aparté avait duré suffisamment longtemps pour les autres s’en rendent compte. Ils avaient forcément vu la manière dont nous avions terminé?
La partie reprit presque normalement. Céline faisait visiblement des efforts pour se comporter comme en début d’après-midi, et monopolisait l’attention de ses coéquipiers afin de dissiper l’évident malaise qui s’était installé. Au final, ils perdirent et nous fûmes qualifiés pour la finale.

Après la fin du tournoi (que Luca fit clairement en sorte de perdre pour ne pas prêter le flanc à la critique !), la journée était déjà bien entamée. Les invités s’affairaient entre la cuisine et le jardin pour mettre les couverts du soir en place, et Céline profita de cet intermède pour discuter à nouveau avec moi. Elle était toujours très (on le serait à moins) contrariée mais semblait tout de même s’être radoucie. Elle me fit « juste » remarquer que, du coup, nous ne devrions pas passer la soirée côte à côte ; ayant repris ses esprits, elle semblait surtout dépitée de cette situation. D’un baiser dans le cou, je la remerciai de sa compréhension et nous repartîmes, chacun de notre côté, en direction des autres invités. Je pensais que tout était rentré dans l’ordre? Hélas, cela ne faisait que commencer?

J’arrivai à peine près de la grande table que Jean-Pierre, l’un de mes collègues les plus âgés (plutôt sympathique d’ailleurs), vint me voir avec une toute petite mine :
– Stéphane… Frank m’a dit pour vous et votre femme… je suis passé par là, je comprends ce que vous pouvez ressentir… mais c’est tout de même bien que vous ayez pu venir tous les deux…

J’ai dû bredouiller quelques phrases banales pour ne pas paraître trop brutal, mais je m’empressai de trouver une occupation ailleurs. Dans l’heure qui suivit, je réalisais que la « nouvelle » avait fait le tour des convives.
Nous nous sommes tous assis autour d’une grande table très conviviale ; le hasard faisait cette fois plutôt mal les choses, je me suis retrouvé piégé dans un petit groupe plutôt rasoir, dont la discussion ne me passionnait guère. De là où j’étais, j’avais par contre tout loisir de regarder ma femme ; au début, je trouvais cet éloignement plutôt positif : il ne m’était finalement pas si souvent donnée l’occasion d’admirer Céline et de la regarder vivre.
Elle était restée accompagnée de ces deux coéquipiers de pétanque. La conversation autour d’elle était particulièrement gaie et animée, et Céline semblait apprécier cette compagnie vivante et insouciante.
De temps à autres elle jetait un coup d’oeil dans ma direction et je sentais à chaque fois comme une ombre passer dans son regard ? sans plus, mais une ombre quand même. Je la trouvais belle, je ne comprenais pas comment j’avais pu oublier comme elle était une jolie femme. Avec le retour des beaux jours, elle avait retrouvé ces petites tenues légères ? chemisier, jupette ? qu’elle affectionnait depuis toujours.
A l’occasion de cette journée elle avait tout fait pour me faire honneur. A sa manière, discrète mais efficace, elle s’était mise en valeur comme rarement je l’avais vue faire ? et je le réalisais seulement maintenant : fallait-il que je sois préoccupé !

Tout en suivant très distraitement la conversation autour de moi, j’admirais son rire clair, son regard pétillant, sa séduisante et altière silhouette? je réalisais subitement qu’elles n’étaient pas nombreuses, ces femmes qui avaient su garder leur corps de vingt ans après deux grossesses’ et que Céline en faisait partie !
Ces réflexions rêveuses durèrent une bonne partie du repas ; je dus toutefois y mettre un terme car la conversation venait de s’orienter vers un débat auquel, compte tenu de mon poste et de mes intérêts manifestes, j’avais un « avis autorisé ».
L’esprit empli de pensées contradictoires, je me consacrais alors pendant une bonne vingtaine de minutes à mes voisins de table.

Le repas sembla marquer une pause, juste avant les fromages. Plusieurs convives commençaient à se lever, qui pour aider à débarrasser, qui pour aller fumer une cigarette. Céline n’était plus à sa place, aussi décidai-je de partir à sa recherche.
Je la retrouvai au bout de quelques minutes. Elle était seule, à déambuler dans un coin du jardin. Lorsqu’elle m’aperçut, elle se figea quelques instants puis me tourna brusquement le dos. En quelques pas je l’avais rejointe :
– Céline? ça? ça va ?
– …

Ma femme me tournait le dos et je sentais une tension dans sa nuque, comme si elle se retenait de? pleurer ? crier ? Je ne savais que faire et que dire.
– Céline? tu m’en veux toujours ?

Il y eut alors un très long silence, seulement perturbé par les éclats de la fête à quelques dizaines de mètres de là. Puis elle finit par dire :
– c’est qui cette Mélanie ?

La foudre me serait-elle tombée dessus que j’aurais été moins ébranlé. Des millions de pensées m’assaillirent en un instant et, sous le coup d’un assaut imprévu, je n’ai pu avoir que l’une des plus maladroites réponses :
– euh? que? qui t’a parlé de ça ?

J’aurais pu dire n’importe quoi d’autre qui dissipe le doute dans son esprit ; je ne l’ai pas fait, certainement parce que, sans être un parangon de vertu, je n’étais guère habitué au mensonge. Cela m’a toujours fait défaut, et cela causa sans doute ma perte définitive ce soir-là.
– Un de tes collègues est venu me parler tout à l’heure? au sujet du « divorce », tu vois (sa voix était froide et tremblante en même temps, je ne l’avais jamais entendu ainsi) et il m’a dit quelque chose comme « c’est dommage que vous en arriviez là, vous aviez l’air bien ensemble? » et surtout il a ajouté « d’autant que vous aviez passé le plus dur » et moi, COMME UNE CONNE (le ton de sa voix montait d’un cran, comme si elle ne pouvait plus se retenir) j’ai pensé aux enfants’ Mais il a encore précisé : « Quand même? comme vous aviez su passer l’éponge sur l’épisode de MELANIE »? alors, c’est qui, hein, DIS-MOI (sa voix se brisa de sanglots) !
– Céline, je?

Et bien voilà, je ne savais pas quoi répondre, je ne sais pas s’il y a quelque chose à dire dans ces cas-là. « Mélanie », c’était une vieille histoire, un épisode assez méprisable dans une vie de cadre. C’était il y a quelques années déjà, peu après la naissance de Thomas. J’avais cédé aux avances d’une jeune stagiaire, Mélanie donc, qui travaillait dans mon service. Ce n’était même pas une passion, juste une incartade « anodine » qui ne m’avait laissé que le souvenir d’une honte coupable pendant quelques mois. La jeune fille ayant depuis longtemps quitté la société, je l’avais rapidement effacée de ma mémoire. Céline n’en avait jamais rien su et, compte tenu de la vanité de cette histoire, je n’avais jamais ressenti le besoin de l’évoquer. Peu de gens avaient pu être au courant de l’histoire et, concrètement, ils étaient encore moins nombreux à avoir pu le raconter à Céline ce soir : Frank, Eric, peut-être François (au bénéfice de son ancienneté dans la boîte). Tous les autres étaient trop récents pour en avoir ne serait-ce qu’entendu parler. Mais peu importait au fond : j’étais confronté à mon propre mensonge, ma femme se tenait devant moi, en larmes, et je ne savais pas quoi dire.
– Céline? c’est une histoire nulle? et c’est vieux?
– QU’EST-CE QUE CA PEUT BIEN ME FOUTRE ?

En effet. Alors qu’elle s’éloignait brusquement, me laissant avec ma honte, je réalisais que rien dans ma conduite n’était très glorieux. J’aimais ma femme, depuis toujours, plus encore depuis cet après-midi, mais j’avais été ? comme beaucoup d’autres peut-être ? faible et lâche, et n’avais jamais trouvé le courage d’être honnête avec celle qui m’avait soutenu pendant toutes ces années. Bien sûr, rien n’arrive jamais par hasard mais, à cet instant précis, je me suis dit que ce n’était pas vraiment le meilleur soir pour que Céline apprenne mon infidélité passagère. Dans le contexte où je nous avais involontairement plongés, il me serait difficile de recoller les morceaux? je m’attendais à un retour glacial à la maison, et à un dimanche plus que maussade?

Mais j’étais bien loin du compte.

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Chapitre Troisième
Où la soirée commence, chacun de son côté et où les enchères montent

Le fromage était servi lorsque je revins à table. Les conversations avaient repris mollement, mais je ne pouvais détacher mon regard de Céline. Elle avait fait un tour par une salle d’eau et avait fait disparaître toute trace de larmes. Qu’elle était belle ! Mais elle ne m’adressait plus le moindre regard.
Après une bonne vingtaine de minutes, Luca se leva et proposa de commencer la « soirée jeux », qui serait ponctuée d’un entr’acte pour prendre les desserts.
Les propositions fusaient pour les jeux, et il en fallait pour occuper vingt-quatre personnes ! Au final, furent retenus : une table de poker, une table de bridge, une table de tarot, une partie de Yalta (échecs à trois) et le reste (sept ou huit personnes) se consacrant à une sorte de Trivial Pursuit dont j’ai oublié le nom.
Céline et moi jouions souvent aux cartes avec nos amis, et je savais que Céline adorait le tarot. Afin d’éviter une situation délicate, je me proposai spontanément à la table du poker, jeu que j’appréciais d’ailleurs.
L’organisation des tables fit que tarot et poker se retrouvèrent proches l’une de l’autre. Céline se positionna de manière à me tourner quasiment le dos. J’étais affligé et, en même temps, il était assez évident que je ne faisais que payer mes turpitudes.
A ma table se trouvaient Jean-Pierre et sa compagne, et deux autres collègues que je ne connaissais que vaguement. Céline, elle, jouait avec Frank, Luca et Eric.
Les parties démarrèrent très vite et pendant une heure je parvins à rester concentré sur mon jeu. Jean-Pierre était un joueur redoutable, sa compagne semblait bien s’y connaître également mais, à la fin du « tour de chauffe », il était assez évident que j’étais le meilleur de la table. Nous décidâmes alors de « jouer pour de vrai », c’est-à-dire de miser de l’argent. Nous convînmes toutefois que le vainqueur consacrerait ses gains à l’achat d’une bouteille de champagne à partager au bureau.
A la table d’à côté, Céline avait également fait merveille. Je savais qu’elle était bonne joueuse mais je ne pouvais toutefois pas m’empêcher de penser que ses « adversaires » devaient avoir fait preuve de quelque bonne volonté pour qu’elle l’emporte aussi aisément. Tous quatre parlaient assez fort et, au nombre de bouteilles de vin et de verres que je voyais sur la table, je compris que l’ambiance ne s’était pas réchauffée toute seule.
Je me levai pour aller aux toilettes et, croisant le regard de Céline, celle-ci prit brusquement la parole pour demander une cigarette à Luca.
Céline n’avait jamais fumé à part, il y a très longtemps, lorsque je l’avais rencontré encore étudiante. Comme beaucoup de filles, elle fumait lors des soirées très arrosées, un peu entraînée par le groupe. La voir penchée sur le briquet que lui tendait Eric était pour moi un mauvais signe. Je ruminais encore ces sombres pensées lorsque je revins à la table de poker.
Les quatre du tarot se mettaient d’accord sur une modification des règles, qui permettraient de « pimenter un peu la partie », suivant l’expression de Frank. Pour ce que j’en compris, ils mettaient en place un système de gages. Si un preneur gagnait, il avait le droit de demander un gage à celui qui était classé dernier. S’il perdait en revanche, c’était le premier du classement qui devait lui soumettre un gage.
La partie de poker reprit à peu près en même temps que ce « tarot à piments ». J’étais à présent un peu inquiet, surtout à cause de la cigarette, et cherchais souvent à suivre les débats de la table voisine mais je parvenais tout de même à tenir mon rang au poker.
Les trois premières manches étaient un « tour de chauffe », sans gages, permettant d’établir une premier classement différencié ; Céline était en tête, donc en position de force à ce moment-là. Les choses sérieuses ? c’est-à-dire les gages ? devaient commencer à la quatrième partie.
Luca prit le premier l’initiative, et la partie fut dès le départ très accrochée. La dernière main était cruciale, et Luca perdit dans une ambiance manifestement euphorique des défenseurs. Céline était toute à son jeu semble-t-il, et elle réalisa en riant que c’était à elle de soumettre un gage à Luca.
Elle réfléchit longuement, pendant que les trois autres attendaient son verdict avec amusement. Elle finit par dire :
– eh bien’ voyons’ un baiser !

Eric et Frank, très enjoués, s’esclaffèrent puis se mirent à frapper du plat de la main sur la table en chantant : « Un bisou ! un bisou ! ». Luca s’était raidi, son sourire se figeant sur son visage. Il me faisait face et je compris subitement que cette situation le gênait surtout par rapport à moi. Il hésita un instant puis se leva et dit :
– le jeu est le jeu, il faut accepter de perdre quelquefois.

Il fit le tour de la table en évitant à présent de me regarder, retrouva son sourire pour se pencher sur ma belle. Elle avait la joue tendue mais, au dernier moment, elle tourna la tête et le baiser en fut un vrai, bref, subreptice, mais authentique. Luca se redressa, les joues rouges, et reprit sa contenance en revenant à sa place :
– bien’ à moi la revanche maintenant, vous allez voir ce que vous allez voir !

Après s’être rassis, il me regarda longtemps, avec un air étrange que, aujourd’hui encore, je ne saurais interpréter.

La partie suivante fut plus calme. Eric gagna, avec beaucoup d’aisance, et il put donc décider d’un gage à l’attention du dernier : en l’occurrence Luca. L’ambiance ayant encore monté d’un cran après le premier gage, Céline et Frank s’en donnaient à coeur joie : « le gage, le gage ! ».
Il fut finalement assez soft : il en fut réduit à faire, à genoux devant Eric, une déclaration d’amour enflammée. Tous les quatre semblaient beaucoup s’amuser avec leur nouvelle règle, et je voyais bien que Céline ne se retenait pas et profitait pleinement du moment : elle riait comme rarement je l’avais vue faire. Je ne savais pas si elle le faisait exprès ou non, mais c’était déjà pour moi une punition terrible.

La troisième partie fut totalement dominée par Luca, sans doute assoiffé de revanche après deux premiers revers. En guise de gage, il demanda à Frank de faire le dindon autour de la table, ce qui fit encore monter d’un cran les éclats de rire des trois autres.

Coup pour coup, Frank eut l’occasion de prendre sa revanche dès le tour suivant. Les quatre coquins furent pourtant confrontés à un dilemme : Frank avait gagné mais restait bon dernier. Céline coupa la parole à tout le monde ? ce qui prouvait, s’il était encore besoin, qu’elle n’était plus dans son état normal ? et suggéra que, dans un tel cas, le gage était donné aux trois défenseurs perdants. Sa proposition fut acceptée immédiatement et Frank leur imposa d’avaler chacun un whisky cul-sec. Cela promettait d’élever encore le niveau du débat…

A peine le whisky passé, Céline sembla encore plus euphorique et volubile. Elle riait à tous les échanges, et riait encore lorsque Eric déclara prendre la main. La partie sembla extrêmement serrée malgré tout, et Eric perdit d’un petit point au dernier tour. Ce coup de Trafalgar fut accompagné d’une véritable bronca des défenseurs.
C’était à nouveau à Céline de choisir. Les esprits étaient déjà bien échauffés, et elle semblait à court d’idées’ après quelques instants de réflexion, elle rougit encore et dit :
– ma foi? un baiser aussi ?

La proposition fut accueillie par une nouvelle bordée de protestations :
– Ah non : déjà donné !
– Une autre ! une autre !
– Bah, moi ça ne me gêne pas’

Céline coupa court :
– Pour moi, c’est simple : personne n’a le droit de proposer deux fois le même gage à la même personne. Je ne l’ai demandé qu’à Luca : c’est maintenant à Eric, c’est tout.

Frank et Luca protestèrent mollement ; Eric se pencha vers Céline et lui fit un smack appuyé. En se radossant à sa chaise, Céline me jeta un coup d’oeil en coin, ponctué d’un sourire énigmatique.
Je n’étais plus du tout à ma partie de poker : je venais de commettre coup sur coup deux erreurs assez grossières, mais je n’arrivais plus à me concentrer sur mon jeu. Je suivais presque malgré moi chaque tour et chaque échange de la table voisine. La sixième partie fut une véritable copie conforme de la précédente, avec Frank dans la rôle du preneur assiégé ; il manqua son contrat de peu, et Céline lui demanda la même chose qu’aux deux autres’ Mort de jalousie, je n’osais plus regarder dans leur direction.

Eric survola littéralement la partie suivante : j’entendais clairement les exclamations dépitées et impuissantes des défenseurs. Malgré tout, il restait dernier et eût donc l’opportunité d’infliger son gage à ses trois adversaires : comme Frank tout à l’heure, ce fut un whisky pour tout le monde.
Une heure et demie venait à peine de s’écouler que les quatre joueurs étaient déjà plus que gais. Les rires fusaient et l’on aurait dit que ces quatre là étaient des amis de toujours’
Je faisais de mon mieux pour fixer à nouveau mes esprits sur le poker. A côté, la lutte semblait une nouvelle fois très acharnée contre Luca qui avait pris ? à en croire les éclats des défenseurs ? quelque risque dans son contrat. Au final, il perdit à nouveau, toujours de peu apparemment.
Céline avait toujours la main pour le gage. Dans le brouhaha ambiant, je n’entendis pas ce qu’elle proposa mais ce fût accueilli par une nouvelle bronca des trois hommes. Luca se leva en souriant et enleva posément son polo, sous les sifflements des trois autres. Même mes partenaires de poker marquèrent une pause. Celui que nous croisions chaque jour dans un impeccable costume trois-pièces était à présent attablé torse nu, et toujours aussi à l’aise ! Malgré moi, je ne pouvais m’empêcher de le détailler : il était plutôt bien bâti, sans musculature proéminente mais son buste presque imberbe ne présentait pas non plus la moindre trace des petits suppléments graisseux qui arrivent quelquefois avec la trentaine négligente.
Presque incidemment, l’ambiance du tarot venait encore de monter d’un cran. Je ne pouvais voir le visage de Céline, mais à en juger par le regard de Luca, j’aurais juré qu’elle se délectait de son idée?

Cet épisode donna peut-être à Luca un coup de fouet : la partie suivante fut apparemment l’occasion d’une véritable démonstration où il ne laissa échapper que deux maigres plis. En une seule manche il venait semble-t-il de retourner totalement les classements. Deux parties plus tard, l’une gagnée à nouveau par Luca et l’autre perdue par Frank, les trois hommes étaient tous torses nus et, par chance sans doute, Céline avait été épargnée de tout gage supplémentaire. Elle riait follement de la situation qui gênait visiblement Eric et Frank. Luca avertit :
– Attention, Céline? ne nous provoque pas’ tu pourrais perdre, à ton tour? et tu trouverais ça moins drôle?
– Tu crois ça ? je suis une grande fille, tu sais, je ne me dégonflerais pas’ mais de toute façon, le problème ne se posera pas : JE GARDE !

Céline ayant déjà bu largement plus qu’à l’habitude, je me doutais que sa déclaration était une forfanterie : elle n’était pas coutumière de la prise de risque ou du bluff à outrance. Dans le contexte, et avec l’avertissement de Luca quelques secondes plus tôt, je me demandai si elle ne l’avait pas fait exprès. Pendant toute la partie, je ne fus plus du tout à mon jeu et suivis avec angoisse les différents échanges.
J’en étais le premier surpris – pas le seul apparemment ? mais il semblait que Céline avait réellement un très bon jeu. Elle déjouait sans souci les pièges tendus par les défenseurs et semblait tenir son contrat.
Pour la troisième fois de la soirée, le dernier tour fut celui de trop : Céline avait voulu mener « le petit au bout » mais avait sans doute mal compté les atouts : comme Eric et Luca avant elle, elle perdit son avantage, et le contrat pour un petit point.
Au ton de sa voix, je sentis qu’elle paniquait légèrement :
– Recompte, recompte? non, c’est pas possible?
– 36?38?, non c’est ça, 39. Avec le petit tu l’aurais fait « facile » mais là, tu es « dedans », désolé !
– Oh?

Eric et Frank manifestèrent bruyamment leur hilarité puis s’arrêtèrent pour attendre le « verdict » de Luca.
Celui-ci réfléchit quelques instants, se fendit d’un grand sourire et dit :
– Allez, soyons galants’ je te demande juste de prendre un dernier petit calva !

En fait de « petit », il lui servit une dose bien généreuse. A ma grande stupéfaction, Céline l’avala d’un trait, posa rageusement son verre sur la table et dit bien fort : « Bon, on y va les loulous ? »
Elle distribua prestement les cartes et se mit à ordonner fiévreusement son jeu. Je voyais clairement qu’elle avait beaucoup d’atouts mais un jeu assez fragile par ailleurs. Les cartes devaient avoir été trop réparties car après un tour d’annonce personne n’avait rien proposé. Elle donna une vive tape de la main sur la table et dit : « GARDE ». De ce que je pouvais voir, c’était absurde.
Son bluff tint pendant toute la première moitié de la partie ; après la perte d’un « gros » pli, Céline manifesta soudainement beaucoup plus d’impatience et se mit à enchaîner plusieurs erreurs de suite. Au final, elle perdit la partie assez largement ; le décompte par Luca était ironiquement commenté par Eric et Frank :
– 29? 32?34? 34 en tout, tu es dedans de 7 points’ avec ta poignée, sur une garde? ça fait lourd comme chute?
– Wouwouhh !!!
– Bon, OK, OK?

Etait-ce l’effet de l’alcool ou, au contraire, revenait-elle brusquement à la réalité ? Sa voix était redevenue beaucoup plus douce et faible. Luca resta un petit instant silencieux puis se leva et alla chuchoter quelque chose à l’oreille de Céline. Elle lui répondit quelque chose qui ressemblait à une question, Luca lui fit « oui » de la tête ; Céline se leva de table et sortit du salon, vraisemblablement en direction de la salle de bains.
Lorsqu’elle revint, elle semblait s’être fait une nouvelle beauté (un peu de maquillage sans doute) mais quelque chose avait changé, que je ne saisis pas tout de suite. Le temps qu’elle traverse à nouveau le salon pour regagner sa place, je le compris mais ne pouvais en croire mes yeux : elle avait profité de son passage aux toilettes pour retirer son soutien-gorge ! Ses beaux seins pointaient effrontément sous un chemisier qui lui collait à présent légèrement sur la peau. Le spectacle qu’elle offrait était superbe, et les trois hommes ne se privaient pas de la mater ouvertement alors qu’elle distribuait à nouveau les cartes. Luca ne put s’empêcher de commenter :
– Chapeau Céline ! Mais je vois que les enchères montent’ tout le monde saura suivre ?
– Bah?
– On verra !
– Tu me prends pour qui ?

Elle avait parlé sur un ton de défi que je ne lui connaissais guère, tout comme m’avaient sidérés son allure et son regard provocateurs lorsqu’elle était revenue dans le salon.
Je sentais bien que les évènements m’échappaient totalement. Désemparé, je réalisais à peine que mes propres affaires au poker étaient en péril. Je tentais un ultime effort pour reprendre un peu de maîtrise ; j’entendais malgré tout l’essentiel des débats voisins, et la voix claire de Luca :
– Allez, je ne vous fais pas plus mariner, je garde !
– Oh là, la dernière fois qu’il nous a fait ça, on a dérouillé !
– Tu n’as pas encore gagné, mon lapin’ (Cette familiarité, de la part de mon épouse, était tout à fait irréelle)

En dernier baroud d’honneur, je remportai la levée de poker. A côté, Luca avait rempli son contrat avec aisance et recomptait posément les points. Philippe semblait désabusé :
– C’est bon, Luca, te fatigues pas, tu l’as fait largement. C’est pour qui, alors ?
– Ben, c’est’
– C’est moi ! le gage est pour moi !

En disant cela, Céline ne semblait plus de tout redouter le choix de Luca. Comme elle me tournait toujours le dos je ne pouvais en être sûr? mais je jurerais presque qu’elle était contente. Elle reprit :
– Alors, mon petit Luca, que veux-tu que je fasse ?

Lui semblait hésiter.

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Chapitre Quatrième
Où le dessert est l’occasion d’escapades

Les parties en étaient là lorsque les joueurs de Trivial sortirent de la maison en réclamant bruyamment les desserts. Luca remit rapidement son polo, se leva d’un coup, se racla la gorge et prit la parole :
– Rmm hmm’ Mesdames et messieurs’ c’est en effet l’heure du dessert ! Faisons un peu de place, il y a pas mal de choses à installer !

Tout le monde acquiesça et la suite fut un grand mouvement entre la cuisine et la grande table du jardin pour installer assiettes, cuillères, flûtes, bouteilles et pâtisseries. Lorsque tout fut mis en place, les coupes remplies et servies, Luca prit encore une fois la parole :
– eh bien’ chers tous’ je suis ravi que vous ayez répondu favorablement à mon invitation’ j’espère que cette rencontre aura permis d’apporter un petit « plus » à nos relations de tous les jours. Le boulot n’est pas toujours facile, et je ne suis pas un tendre, je le sais, mais je sais ce que c’est qu’une équipe. Je suis là pour vous pousser, mais aussi pour vous soutenir ! Et cette soirée est là pour ça. Encore merci, et profitez bien !

Tout le monde applaudit à cette courte intervention, trinqua et but sa flûte. Je faillis m’étrangler lorsque je vis Céline aller vers Luca, lui prendre le bras et lui murmurer quelque chose à l’oreille. Compte tenu des derniers échanges de la partie, cela n’augurait rien de bon.
Luca eut un petit sourire, lui répondit quelque chose et partit en direction de la cuisine. Après quelques instants, Céline regarda rapidement autour d’elle et lui emboîta le pas. Mon sang ne fit qu’un tour, et je la suivis à distance. Luca s’était engagé dans le salon pour rejoindre ce qui nous avait été présenté comme le bureau, une petite pièce privative, où Céline l’avait évidemment rejoint. Je m’étais arrêté dans le couloir, devant l’entrée du salon où, grâce au reflet dans un grand miroir mural, j’avais une vue presque parfaite de ce qui se passait dans le bureau. Une cloison nous séparait, mais si mince que je distinguais presque clairement le contenu de leur échange. C’est Céline qui brisa le silence d’une voix tranquille ? il semblait que l’effet des différents alcools de ces trois heures commençaient déjà à disparaître :
– Je te dois un gage, alors, mmm ?
– Ma foi, c’est un peu l’idée du jeu’

Céline était presque collée à lui, la main posée sur son avant-bras. Luca était à demi-assis sur son bureau, et ne semblait pas particulièrement gêné de la situation. Céline lui passa les bras autour du cou, l’attira vers elle et l’embrassa fougueusement. Luca sembla un peu surpris mais se laissa faire malgré tout. Ce baiser torride dura de trop longs instants puis Céline se décida à abandonner la bouche de Luca et reprit la parole :
– Celui-là, c’est cadeau (elle minaudait) je te l’offre ! Ça me faisait envie. Tu as décidé de mon gage, alors ?

A ces mots, elle retira ses bras du cou de Luca et, de la main, caressa son torse. Elle était toujours collée à lui.
– Tu n’as pas d’idée ? Je ne te plais pas ? Tu n’as pas envie de profiter un peu des portes que tu as ouvertes tout à l’heure ?

En disant cela, elle dégrafait d’une main négligente les boutons de son chemisier. Presque timidement, Luca commença à lui caresser doucement la hanche puis plongea la main dans l’échancrure ainsi dégagée. Céline souriait, et bascula lentement la tête en arrière. Elle appréciait visiblement cette caresse attendue. Luca s’enhardit alors et accentua son investigation. Céline émit un petit « hmm » et se laissa franchement aller dans les bras de son amant’ il fallait bien l’appeler ainsi? de mon poste d’observation, je fulminais, piétiné à la fois pas la jalousie et l’impuissance.
Un grand bruit résonna soudain en provenance de la cuisine. Je sursautai, et sans doute en firent-ils autant dans le bureau. Luca dit alors :
– Je crois qu’il va falloir retrouver nos invités’
– Tu plaisantes, j’espère ! Tu crois que je vais m’en tenir là ? Puisque tu n’as pas d’idées, je vais choisir à ta place? laisse-toi faire, mon chéri.

Sans attendre de réponse, Céline aventura sa main dans l’entre-jambes de Luca, et entama une caresse appuyée.
– Hmm, dis-donc’ je te fais quand même un peu d’effet, on dirait ! Tu es tout serré là-dedans’ il faut que je te délivre?
– Céline, s’il te plaît’

Je ne sais pas ce qu’il voulait vraiment demander à ma femme. Il avait à peine commencé sa phrase que Céline s’était déjà agenouillée, avait ouvert le pantalon de toile et caressait le slip tendu par une érection assez imposante. Elle n’attendit pas pour enchaîner :
– C’est à cause de moi que tu es dans cet état, mon chéri ? Ce n’est pas gentil de ma part’ il faut que je me fasse pardonner, hmm ?

Comme joignant le geste à la parole, elle tira doucement le slip vers le bas, dégageant une verge imposante et fièrement dressée à quelques millimètres de son visage. Céline passa le bout de sa langue sur sa lèvre supérieure d’un air gourmand puis eût comme un petit bruit admiratif :
– Qaow? Tu as des trésors cachés, mon petit Luca? J’en ai jamais connu, des comme ça ! Il va falloir que je me surpasse? mais ça me fait une envie folle?

D’une main, elle caressait les testicules tandis que l’autre parcourait presque religieusement la colonne de chair ; ses doigts parvenaient à peine à en faire le tour. Puis elle se fit plus insistante et commença à le masturber délicatement. Luca prit une grande inspiration, comme s’il était résigné, ou ravi… Céline, quant à elle, prenait tout son temps, s’appliquait et semblait admirer ce sexe comme si elle en voyait un pour la première fois. Presque timidement, elle donna un petit coût de langue à la base du gland tout en levant les yeux vers Luca comme pour demander son approbation.
Puis, comme encouragée par un signe de lui, sa langue entama une caresse plus franche, parcourant posément chaque centimètre du membre du gland vers la base. Céline était véritablement appliquée à sa tâche : tout en léchant doucement les testicules de Luca, elle lui câlinait la hanche d’une main pendant que l’autre poursuivait une caresse délicate à la base du gland.
Lorsque sa langue commença à remonter doucement le long de la hampe, je fermai les yeux. Je n’avais rien à faire ici, je ne pouvais pas faire grand chose, et ce spectacle était un supplice pour moi. J’allais tourner les talons lorsque Luca rompit le silence par un « Oohhmmm » et je rouvris les yeux par réflexe : Céline avait fait entrer le gland dans sa bouche chaude et humide.
Elle resta quelques instants immobile, le gland était emprisonné et seule sa langue restée animée d’un mouvement. Elle refit sortir le sexe de sa bouche alors que sa petite langue agile continuait d’agacer le méat luisant. Elle effectua quelques rapides va-et-vient, léchant tout autour du gland, le long de la verge puis aspirant les bourses et les relâchant l’une après l’autre. Puis, elle reprit la queue en bouche en s’arrondissant les lèvres ; elle secoua très doucement la tête, émettant un petit bruit clair, comme si elle cherchait le « la ». Je compris vite ce qu’elle entreprenait : sa bouche était descendue lentement sur la verge jusqu’à la prendre aux trois-quarts ; vue la taille de l’engin, cela semblait invraisemblable : on aurait dit un véritable pieu enfoncé jusque dans sa gorge. Arrivée à ce stade, elle commença à le sucer, d’abord lentement comme si elle ne voulait pas se faire repérer puis, gagnée par l’excitation, elle entama une fellation de grande classe, dont je ne l’aurais jamais crue capable ? elle qui n’avait jamais manifesté jusqu’ici une grande attirance pour cette pratique… pour une épouse fidèle et prude, je la trouvais ce soir très entreprenante et inventive… mais ce n’était pas avec moi.

Céline ressortit la queue de sa bouche et reprit ses coups de langue en disant :
– Décidément je ne regrette pas d’être venue? Stéphane ne m’avait pas dit que je pourrais sucer une si belle queue?

Elle l’absorba à nouveau jusqu’au fond de sa gorge et recommença ses va-et-vient en faisant tourner sa bouche.
Céline interrompit à nouveau sa fellation et entreprit d’agacer la queue de sa langue tout en continuant à parler.
– Chéri, tu peux pas savoir comme elle est bonne. C’est mon meilleur gage de la soirée? et toi, ça te plaît ?
– Extra…
– Tu aimes ma petite bouche ?
– On ne m’a jamais sucé comme ça…

Céline poursuivit pendant que sa langue continuait sa méticuleuse inspection :
– Tu remercieras Stéphane, alors ! C’est vraiment sympa de sa part d’amener sa femme pour s’occuper ainsi de son chef.
– Stéphane ? je ne?

Elle s’était à nouveau déchaînée. De temps à autres, elle lui lançait un petit regard afin de contrôler son excitation et sa satisfaction grandissantes. Elle lâcha prise un instant et parcourut le sexe de sa langue, allant de bas en haut sur la hampe. Elle remonta rapidement vers le gland, et le reprit passionnément dans sa bouche comme si elle avait décidé de le dévorer. Elle le suçait maintenant avec ardeur, accélérant implacablement la cadence.
Elle marqua encore une pause dans sa fellation, se redressa sur ses genoux et regarda Luca droit dans les yeux ; elle lui adressa un sourire radieux avant d’envelopper à nouveau la queue dans la chaleur de sa bouche.
Elle regardait fixement Luca tout en le suçant, apparemment ravie du résultat de ses caresses. Puis, elle abandonna son regard et ferma les yeux comme pour se concentrer sur le sexe de son partenaire. Le plaisir montait manifestement en lui ; il plaça ses deux mains sur ses cheveux comme pour l’aider dans son mouvement, mais ce n’était pas nécessaire : elle contrôlait tout et y mettait une énergie incroyable. Elle ne lui laissait plus aucun répit, le pompant maintenant avec voracité. Son sexe coulissait rapidement dans sa bouche. Ses douces lèvres se resserrèrent encore sur un membre qui devait être prêt à exploser. Luca émit un faible : « Céline… », qui fit s’interrompre mon épouse :
– Je veux te faire jouir dans ma bouche, mon amour. Je veux que tu lâches tout.

A ces mots, Luca sembla abandonner tout contrôle. Céline le comprit et accéléra la cadence Elle le branla plus vite, enfonçant sa queue dans la bouche. Soudain la jouissance parcourut Luca : les joues de Céline semblèrent alors se déformer de manière presque obscène. Loin de chercher à se retirer, elle tentait fièvreusement de garder le sexe en bouche, les doigts crispés sur les fesses de Luca. Elle déglutit à plusieurs reprises et lorsqu’elle eût, comme à regret, relâché le mandrin luisant, de longs filets de sperme coulaient de sa bouche. Après un court instant elle chercha à reprendre le gland rougi entre ses lèvres, alternant les petits coups de langue sur le méat et sur la hampe. Puis Luca chercha à se retirer complètement et Céline poussa un petit cri plaintif :
– Non’ reviens, j’en veux encore, mon chéri?

Elle emboucha le sexe turgescent pour lécher les dernières gouttes de foutre !
J’étais totalement abasourdi. Mon épouse, ma sage et tendre Céline, que j’avais toujours connue si réservée au lit, avait devant mes yeux effectué une pipe de première classe à celui qu’elle savait être mon ennemi intime. Alors qu’elle ne le connaissait pas le matin même, elle avait été jusqu’à lui réclamer ce qu’elle m’avait toujours refusé : elle l’avait avalé, jusqu’à la dernière goutte ! Je me sentais extraordinairement humilié. Et ce n’était pas fini?

– Céline? je ne sais pas quoi dire?
– Alors, ne dis rien’ profite !
– C’était vraiment super bon’ tu suces comme une reine?
– Merci ! j’apprécie ton compliment’ Mais tu sais, le reste n’est pas mal non plus !

Elle avait continué à le masturber tranquillement tout en léchant consciencieusement les traces luisantes de sperme. Sa main libre plongea sous sa jupe et poursuivit :
– Ta queue m’a donné plein d’envies, mon chéri, je suis toute mouillée? on ne peut pas continuer ailleurs ?

Elle s’était redressée comme à regret, la main toujours serrée autour de la verge qui restait tendue. Luca avait repris ses esprits et répondit :
– Ecoute? ça fait déjà un bon moment qu’on est partis’ les autres vont finir par se poser des questions’
– Et alors ?
– Eh bien, je crois qu’il vaut quand-même mieux nous en tenir là pour le moment. Tu es toujours la femme de Stéphane? et l’objectif de la journée n’était pas que mes gars soient cocus’

Céline fit la moue mais ne répondit rien. En un mouvement leste, elle fit virevolter sa culotte et la fourra sous le nez de Luca :
– Dommage? tu as vu ce que tu m’as fait ?

Elle lui prit la main et la guida vers son entre-jambes trempée, puis reprit :
– Tu sens à côté de quoi tu passes, hmm ? Ne me fais pas trop languir quand-même, je pourrais bien aller voir ailleurs !

Elle partit d’un rire clair et, laissant sa culotte dans les mains de Luca, elle s’en fut d’un petit bond en dehors du bureau. J’eus le réflexe de quitter précipitamment mon poste d’observation et de me cacher dans les WC voisins avant que Céline ne passe, bientôt suivie par Luca.

(à suivre ?)

Proposée par anphets

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